Le diagnostic de performance énergétique (DPE) d’un bâtiment prend en compte la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre. L’étiquette DPE est un document visuel conçu pour sensibiliser les Français à l’empreinte carbone de leur logement.
Elle sert aussi à informer et à guider un acheteur dans son choix. Voici comment lire les étiquettes DPE de votre (futur) logement.
Quelques rappels utiles sur le diagnostic de performance énergétique (DPE)
Les consommateurs sont aujourd’hui familiers des étiquettes DPE. Elles figurent sur les appareils électroménagers et sur les automobiles. Les vendeurs immobiliers — professionnels ou particuliers — sont tenus de les afficher à côté de leurs produits. Elles renseignent les futurs acheteurs sur la consommation d’énergie et sur les émissions de gaz à effet de serre des bâtiments.
En France, le DPE est entré en vigueur par décret en 2006, suite à la directive sur la performance énergétique des bâtiments (2002/91/EG) de l’Union européenne. Ce document doit être réalisé par un diagnostiqueur certifié ayant souscrit une assurance professionnelle. À l’issue du diagnostic, le professionnel transmet le DPE à l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME). L’ADEME délivre ensuite un numéro à 13 caractères. Sans ce numéro, le DPE n’est pas valable.
Le DPE est valable 10 ans s’il a été réalisé à partir du 1er juillet 2021. Les DPE réalisés entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2017 inclus sont valables jusqu’au 31 décembre 2022. Ceux établis entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 inclus ne restent valables que jusqu’au 31 décembre 2024.
Les étiquettes DPE d'un bâtiment d'habitation
Le diagnostic de performance énergétique détermine donc l’étiquette énergétique d’un bâtiment. Cette étiquette dite « énergie climat » comporte deux volets. L’un restitue la consommation énergétique du logement et l’autre les émissions de gaz à effet de serre.
L'étiquette indiquant la consommation énergétique de l'habitation
L’étiquette de la consommation est divisée en 7 bandes, colorées de vert à rouge et marquées de A à G. La lettre A est réservée aux bâtiments les moins énergivores. Ils se voient attribuer la couleur verte. Plus le logement consomme d’énergie, plus le vert s’estompe vers le jaune, l’orange puis le rouge.
Classe énergétique | Consommation d’énergie (en kWhep/m2/an) | Signification |
A (vert foncé) | inf. ou égale à 70 | Logements et bâtiments à énergie positive |
B (vert) | de 71 à 110 | Logements et bâtiments basse consommation |
C (vert clair) | de 111 à 180 | |
D (jaune) | de 181 à 250 | |
E (orange clair) | de 251 à 330 | |
F (orange) | de 331 à 420 | Logements considérés comme des passoires thermiques |
G (rouge) | sup. ou égale à 421 | Logements considérés comme des passoires thermiques |
L'étiquette indiquant les émissions de gaz à effet de serre (GES)
L’étiquette GES est liée à la précédente. Elle est aussi divisée en sept bandes, de la lettre A à la lettre G. Avec son dégradé de violet, elle ne passe pas inaperçue aux yeux des consommateurs. Plus le logement est classé violet, plus il est énergivore. Le ministère de la Transition écologique estime qu’un Français rejette 11,2 tonnes de CO2 par an. Le logement représente 22,5 % de cette valeur.
Classe énergétique | Émission de GES (en kgéq CO2/m2/an) |
A | inf. ou égale à 6 |
B | de 7 à 11 |
C | de 12 à 30 |
D | de 31 à 50 |
E | de 51 à 70 |
F | de 71 à 100 |
G | sup. ou égale à 101 |
La méthode de calcul de l'étiquette énergie climat
La performance énergétique du logement est exprimée en kWhep, en kilowatt-heure d’énergie primaire. Cette unité de mesure ne tient pas seulement compte du kWh électrique facturé. Elle considère aussi l’énergie nécessaire à la production et au transport de l ’électricité. Pour l’étiquette GES, elle traduit le poids d’équivalent en CO2 (kgéq CO2) émis chaque année par un logement.
On obtient ce résultat en appliquant les deux méthodes de calcul établies par l’État.
- La méthode de calcul 3 CL, en vigueur depuis le 1er juillet 2021. Elle prend en compte toutes les caractéristiques du logement : année de construction, isolation, type de chauffage, production d’eau chaude sanitaire, éclairage, appareils et équipements électriques, etc.
- La méthode de calcul basée sur les factures. Le diagnostiqueur étudie les factures d’énergie des trois dernières années. Cette méthode s’applique uniquement pour les logements construits avant 1948 ou chauffés collectivement.
Comment interpréter les étiquettes DPE d'un logement ?
Ces explications étant données, voici comment lire les étiquettes DPE que vous rencontrez. L’étiquetage énergétique facilite le choix des consommateurs en les aidant à maîtriser leur consommation d’énergie. Se fier à l’étiquetage est donc tout autant un choix écologique qu’économique.
Les caractéristiques des logements selon leur classe énergie
Selon le site gouvernemental notre-environnement.gouv.fr, la France compte 30 millions de résidences principales au 1er janvier 2023. Ce parc se répartit de la façon suivante :
- classes A et B : 5,8 % ;
- classe C : 24 % ;
- classe D : 32,9 % ;
- classe E : 21,4 % ;
- classes F et G : 15,7 %, soit 4,8 millions de passoires thermiques.
En France, les logements de classe A et de classe B offrent les meilleures performances énergétiques. Ils sont économes et bénéficient généralement d’une bonne isolation thermique. Le classement A est difficile à atteindre en rénovation. Il concerne surtout les constructions neuves.
Un logement C reste assez performant. Il gagnerait toutefois en efficacité en remplaçant son système de chauffage au fioul ou au gaz par une chaudière performante ou une pompe à chaleur. La classe D est la plus répandue en France. Pour cette catégorie, les travaux de rénovation portent souvent sur l’isolation des combles et des fenêtres ainsi que sur le remplacement du système de chauffage.
Les logements de classe E sont des logements anciens construits avant 1975. Ils se situent à la limite de la classification en passoire thermique, comme le sont ceux avec les lettres F et G. Pour ceux-ci des travaux de grande ampleur s’imposent.
L'impact de la classe énergie sur vos factures
La classe énergie n’est pas qu’une lettre. Elle donne une précieuse indication sur le coût de fonctionnement d’une habitation. Savoir lire les étiquettes DPE n’est donc plus une option, mais une véritable nécessité. Selon les principaux fournisseurs d’énergie, les coûts de chauffage d’une habitation de 100 m2 se traduisent financièrement pour un propriétaire ou un locataire de la façon suivante :
Étiquette énergie du logement | Estimation du coût annuel |
A | Moins de 250 euros |
B | Entre 251 et 500 euros |
C | Entre 501 et 750 euros |
D | Entre 751 et 1150 euros |
E | Entre 1 150 et 1 650 euros |
F | Entre 1 650 et 2 250 euros |
G | Plus de 2 250 euros |
Une estimation des travaux de rénovation énergétique à entreprendre
L’étiquette énergétique donne à un propriétaire ou à une copropriété une idée des travaux à entreprendre. Ces travaux représentent un coût non négligeable pour un ménage. Beaucoup y renoncent faute du budget suffisant. Depuis 2020, l’État soutient les propriétaires dans leur démarche de rénovation avec de nombreuses aides financières :
- Le dispositif MaPrimeRenov’ qui finance des travaux d’isolation thermique ou l’installation d’une pompe à chaleur ;
- Le dispositif MaPrimeRenov’ Parcours accompagné, pour les rénovations énergétiques de grande ampleur ;
- Ma Prime Logement Décent, pour la rénovation complète des passoires thermiques ;
- l’éco-PTZ (prêt à taux zéro), un prêt sans intérêts remboursable sur 20 ans, de 50 000 euros maximum.
La réglementation liée aux étiquettes DPE
Depuis 2011, les agences immobilières doivent afficher l’étiquette DPE sur leurs annonces. Cette obligation est valable aussi bien pour les biens en vente que pour ceux proposés à la location. En cas d’étiquetage erroné, l’acheteur ou le locataire peuvent même se retourner contre le vendeur ou le bailleur. Le diagnostic de performance énergétique est opposable depuis le 1er janvier 2022. Ce document n’est plus seulement informatif, il a la même portée que les autres diagnostics immobiliers.
La loi Climat et Résilience de 2021 s’engage à lutter contre les logements qui ne remplissent pas les critères de décence énergétique. Elle interdit progressivement la location des biens selon l’échéancier suivant :
- 1er janvier 2023 pour les biens classés G+ ;
- 1er janvier 2025 pour les biens classés G ;
- 1er janvier 2028 pour les biens classés F ;
- 1er janvier 2034 pour les biens classés E.
Précision importante, le seuil de performance énergétique ne s’applique qu’aux nouveaux contrats de location. Si vous êtes locataire d’un logement peu performant, vous pouvez exiger du propriétaire une étiquette conforme à la réglementation lors de la reconduction du bail.
Vous savez à présent lire les étiquettes DPE d’une maison ou d’un appartement ! Vous vendez où chercher à acquérir un bien immobilier ? Notre dossier sur le DPE est fait pour vous :
On parie que ces articles vous intéresseront aussi
25 nov. 2024
Conseils et économies
Aides pour refaire l’électricité : un guide complet pour votre projet de rénovation
25 nov. 2024
Conseils et économies
Rénovation globale : toutes les aides 2024
25 nov. 2024
Conseils et économies
Quelles aides pour changer son chauffe-eau ?
25 nov. 2024
Conseils et économies
Aides pour chauffe-eau solaire : le guide 2024 complet
Sinon, on parle aussi de
Sommaire
Ce que vous trouverez dans cet article
- 1. Quelques rappels utiles sur le diagnostic de performance énergétique (DPE)
- 2. Les étiquettes DPE d'un bâtiment d'habitation
- 3. L'étiquette indiquant la consommation énergétique de l'habitation
- 4. L'étiquette indiquant les émissions de gaz à effet de serre (GES)
- 5. La méthode de calcul de l'étiquette énergie climat
- 6. Comment interpréter les étiquettes DPE d'un logement ?
- 7. Les caractéristiques des logements selon leur classe énergie
- 8. L'impact de la classe énergie sur vos factures
- 9. Une estimation des travaux de rénovation énergétique à entreprendre
- 10. La réglementation liée aux étiquettes DPE